Kozikaza a fermé le 22 avril 2025. L’URL redirige vers Leroy Merlin, les anciens plans ne sont plus éditables, et aucun outil d’export n’a été proposé avant la coupure. Pour quiconque avait structuré un projet de rénovation ou de construction autour de cette plateforme, la question n’est pas de trouver un clone, mais de comprendre ce qui, dans la logique de Kozikaza, mérite d’être retrouvé ailleurs.
Verrouillage des données après fermeture de Kozikaza : un problème technique concret
La disparition de Kozikaza a laissé un angle mort que la plupart des guides d’alternatives ignorent : la récupération des projets existants. Les plans créés sur la plateforme n’ont pas fait l’objet d’un export en format ouvert (DXF, DWG, SVG) avant la fermeture.
Kazaplan, le successeur intégré à l’écosystème Leroy Merlin, ne restaure pas automatiquement les anciens projets. La bascule est conditionnée à une reconnexion avec l’adresse e-mail initialement liée au compte Kozikaza. Si cette adresse est désactivée ou inaccessible, le lien avec les données est rompu.
Nous observons que beaucoup d’utilisateurs se retrouvent à repartir d’un relevé pièce par pièce, en s’appuyant sur des captures d’écran ou des PDF archivés manuellement. Ce point est rarement mentionné dans les comparatifs, mais il conditionne le choix du prochain outil : la portabilité des fichiers doit primer sur le confort d’interface.

Kazaplan Leroy Merlin : continuité d’interface, rupture de philosophie
Kazaplan reprend le moteur de dessin de Kozikaza. L’interface reste familière : tracé mural en 2D, bascule 3D temps réel, bibliothèque de meubles. Pour un utilisateur habitué à Kozikaza, la prise en main est quasi immédiate.
La rupture se situe ailleurs. Kazaplan est désormais un outil intégré à l’écosystème marchand Leroy Merlin. Le catalogue de meubles et matériaux est lié aux références de l’enseigne. Le plan 3D sert aussi à chiffrer un panier d’achat. Cette orientation commerciale modifie le cas d’usage : l’outil devient un configurateur de vente plus qu’un logiciel de conception neutre.
Pour un projet de rénovation où vous comparez des fournisseurs, cette dépendance au catalogue Leroy Merlin pose un biais. Les dimensions et finitions proposées reflètent le stock disponible, pas nécessairement l’ensemble du marché.
Logiciels de plans 3D gratuits : ce qui se rapproche de l’approche Kozikaza
L’approche Kozikaza se caractérisait par trois choix techniques : exécution intégralement dans le navigateur, aucune installation locale, et un parcours guidé du plan 2D vers la visualisation 3D sans étape intermédiaire. Nous recommandons d’évaluer les alternatives sur ces trois critères avant de regarder les fonctionnalités secondaires.
Space Designer 3D
Fonctionne dans le navigateur, sans téléchargement. Le flux de travail ressemble à celui de Kozikaza : dessin mural, placement du mobilier, rendu 3D en temps réel. La version gratuite impose des limitations sur l’export et le nombre de projets sauvegardés.
Sweet Home 3D
Application open source à installer en local (Java). L’avantage principal est l’export en formats ouverts (OBJ, SVG), ce qui garantit la portabilité des fichiers, point faible identifié plus haut. L’interface est moins guidée que celle de Kozikaza, avec une courbe d’apprentissage plus marquée.
Planner 5D et Homebyme
Ces deux plateformes proposent un parcours en ligne comparable. Planner 5D mise sur un catalogue de meubles générique, non lié à une enseigne. Homebyme, développé par Dassault Systèmes, offre un rendu photoréaliste plus poussé mais verrouille certaines fonctions derrière un abonnement.
- Critère prioritaire : export en format ouvert (DXF, OBJ, SVG) pour ne pas revivre le scénario Kozikaza
- Critère secondaire : indépendance du catalogue mobilier par rapport à un distributeur unique
- Critère tertiaire : fonctionnement navigateur sans installation, pour un accès multi-poste simple

Choisir un logiciel 3D pérenne : les signaux à surveiller
La fermeture de Kozikaza illustre un risque structurel des outils SaaS gratuits financés par un acteur retail. Quand le modèle économique repose sur la conversion en achat de produits, la pérennité de l’outil dépend de la stratégie commerciale du distributeur, pas de la valeur du logiciel lui-même.
Trois signaux permettent d’évaluer la solidité d’une plateforme de plans 3D avant de s’y investir :
- Possibilité d’exporter l’intégralité d’un projet dans un format lisible par d’autres logiciels, pas uniquement en PDF ou en image
- Modèle de revenus transparent : abonnement payant, version freemium claire, ou financement par un éditeur logiciel plutôt que par un distributeur de matériaux
- Historique de mises à jour régulières et documentation technique accessible, signe d’un développement actif
Un outil open source comme Sweet Home 3D élimine le risque de fermeture unilatérale. Le code source reste disponible même si l’éditeur disparaît. Pour les utilisateurs qui préfèrent le navigateur, vérifier la clause d’export dans les conditions d’utilisation avant de créer le premier plan reste le réflexe le plus protecteur.
L’esprit de Kozikaza, c’était la démocratisation du plan 3D sans compétence technique préalable. Cet esprit existe dans plusieurs outils actuels. Ce qui manquait à Kozikaza, et que le choix du prochain logiciel doit corriger, c’est la maîtrise de ses propres données.

